Facebook vieillit, Twitter rajeunit

Source : ReadWriteWeb France
Ecrit le 11 novembre 2009 par Sarah Perez et Fabrice Epelboin

Facebook vieillit. Non pas qu’il lasse, il vieillit, au rythme de la population qui s’y trouve. En mai 2008, l’âge médian sur Facebook était de 26 ans, aujourd’hui, il est de 33, soit 8 ans de plus en un peu plus d’une année. Amusant pour un site qui a commencé comme un club exclusivement réservé aux étudiants d’universités américaines.

Alors, où sont les jeunes ? Toujours sur Facebook, rassurez-vous, mais ils y côtoient désormais beaucoup d’adultes, dont leurs parents, leurs grands parents et leurs patrons, mais on les trouve de plus en plus sur une autre star de l’internet : Twitter.

Au final, la génération Y aime Twitter… en tout cas, elle commence à l’utiliser.

On ne compte plus les études sur la population de Twitter, certaines sérieuses, d’autres moins, qui martèlent toutes le même message : la génération Y ne s’intéresse pas à Twitter. Les études citent généralement d’éminents membres de cette génération affirmant  que Twitter est “futile” et “narcissique”.

Apparemment, tout cela est en train de changer, pas forcément en terme de perception, mais en tout cas en terme d’usages.

Twitter est désormais second sur le podium des réseaux sociaux mondiaux les plus jeunes, avec un âge médian de 31 ans, juste derrière MySpace qui affiche 26 ans, et devant Facebook qui affiche 33 ans et Linkedin et ses 39 ans.

En regardant de près les segments démographiques ‘jeunes’ de Twitter, il n’y a pas que la génération Y qui est responsable de ce coup de jeune, loin de là. 37% des 18-24 ans utilisent désormais Twitter aux US, alors qu’ils n’étaient que 19% en décembre dernier, et chez les plus vieux des jeunes, le 25-34 ans, 31% sont désormais utilisateurs, en augmentation de 11 points par rapport à l’an dernier. Ces deux groupes d’âge, à eux seuls, représentent désormais près de la moitié des utilisateurs de Twitter.

Pourquoi la génération Y se ruent-elle sur Twitter ?

Comment Twitter, naguère boudé par les jeunes, est il devenu en un an l’un des réseaux sociaux les plus prisés des jeunes ? Un récent article de AP expose plusieurs raisons intéressantes : la présence de célébrités, la pression des enseignants et des patrons, ainsi que l’utilité professionnelle de Twitter pour ceux des jeunes entrant sur le marché du travail.

Meredith Sires de YPulse, un site traquant les tendances de la génération Y, théorise sur le fait que la croissance rapide du segment des 18-24 ans sur Twitter est lié à ceux qui, arrivant sur le marché de l’emploi, en profitent pour se refaire une identité et un réseau plus propice au monde du travail.

Quoi qu’il en soit, il n’existe pas d’étude sérieuse à ce jour sur les raisons de ce rajeunissement soudain du plus célèbre des réseaux de microblogging. A ce jour, on se contente de spéculation additionnées de citations diverses, le tout basé sur des anecdotes.

Parmi toutes ces théories, celle qui nous semble la plus crédible est avancée par Graig Watkins de l’Université du Texas, auteur du livre “Les jeunes et le Digital”. Il affirme que ce à quoi nous assistons est le début de “la fin d’un gap générationel, en terme d’usage des technologies”. En d’autres terme, jeunes et vieux se retrouvent sur un même réseau et socialisent au sein du même espace.

On ne peut qu’apprécier une telle théorie, après tout, la génération Y ou les Digital Natives n’ont pas brusquement migré vers un nouveau réseau peuplé exclusivement de leur pairs – même si certains espaces comme Skyrock ou  Melty en France restent encore quasi exclusivement peuplés de jeunes, tout comme FML ou Sporcle aux Etats-Unis, leur taille reste somme toute modeste face aux géants trans-générationels US qui sont, eux, internationaux.

De leur coté, les seniors semblent eux aussi avoir rejoint des réseaux comme Facebook et Twitter, plutôt que de rester entre eux sur des réseaux dédiés tels que eons.com ou Boomj.

Tout cela évolura-t-il ? Va-t-on voir l’apparition d’un géant mondial rassemblant la génération Y ? Personne ne peut le prévoir, bien sûr, mais les difficultés inhérentes à une telle approche, ne serait-ce que le besoin de sans cesse renouveler sa base utilisateur, qui fatalement vieillit, semble difficile.

Seul Skyrock semble avoir réussi cette mystérieuse alchimie, mais son internationalisation, du fait de son origine Française, sera infiniment plus difficile a achever que pour un réseau d’origine anglosaxonne, dont le marché est bien plus vaste et qui n’a pas réellement besoin de sortir de ses frontières pour devenir un géant mondial.

(l’illustration est issue du rapport de Pew Internet fait sur Twitter cet automne)

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